Où dormir pas cher en camping en Islande : ce que personne ne vous dit sur les vrais tarifs
La première fois que j'ai posé ma tente à Þakgil, au sud de l'Islande, le gardien m'a demandé l'équivalent de 14 € pour la nuit. J'avais payé 180 € la veille pour une chambre d'hôte à Vík. Le lendemain matin, je regardais le même paysage de falaises noires depuis mon duvet. Franchement, la question ne s'est plus jamais posée.
Oui, dormir en camping en Islande reste la seule façon de tenir un budget raisonnable sur cette île. Mais derrière cette évidence que tous les blogs répètent, il y a une réalité plus rugueuse : les tarifs ont grimpé, le camping sauvage est largement interdit, et rouler en van sans avoir réservé peut vous coûter plus cher qu'une guesthouse. Voici ce que j'ai appris en quatre voyages, dont deux avec ma propre tente.
Points clés à retenir
- Un emplacement de tente coûte généralement entre 12 et 25 € par personne et par nuit selon la région et les services
- Le camping sauvage est interdit hors zones autorisées, et les amendes peuvent dépasser plusieurs centaines d'euros
- La Ring Road concentre l'essentiel des campings, mais l'intérieur des terres et les fjords de l'Ouest réservent les meilleures surprises
- Un van aménagé revient souvent à 150-250 € par jour en haute saison, ce qui n'est pas toujours plus économique qu'une voiture + tente
- Beaucoup de campings islandais n'ont ni douche gratuite ni électricité : comptez 3 à 5 € de plus pour chaque service
Combien coûte réellement une nuit en camping en Islande ?
On m'a souvent répété le chiffre de « 10 à 15 € par personne ». C'était vrai il y a quelques années. En 2026, la fourchette s'est décalée vers le haut, et surtout elle varie énormément selon l'endroit où vous plantez.
Le prix d'un simple emplacement de tente
Un emplacement de base, avec accès aux sanitaires partagés et à une cuisine commune, tourne autour de 15 à 22 € par personne dans les zones touristiques du Sud (Skógar, Vík, Skaftafell) et autour du Cercle d'or. Dans les fjords de l'Ouest ou l'Est, on descend facilement à 10-14 €. Les campings municipaux, souvent gérés par la commune, sont les moins chers du lot.
Petit détail que j'ai mis du temps à comprendre : le tarif est presque toujours par personne, pas par emplacement. À quatre sous une grande tente, l'addition grimpe vite. Un couple en van paiera moins qu'une famille en tente familiale.
Les services qui font exploser la facture
Le prix affiché à l'entrée n'est jamais le prix final. Voici ce que j'ai systématiquement payé en supplément :
- Douche chaude : 3 à 5 € pour quelques minutes, chronométrées à la seconde
- Électricité pour recharger batteries et téléphones : 4 à 6 €
- Machine à laver : environ 8-10 € le lavage
- Utilisation de la cuisine intérieure quand elle existe
Sur une semaine, ça représente facilement 30 à 50 € de plus que ce que vous aviez budgété. Prévoyez-le.
| Type d'hébergement | Coût moyen par nuit | Ce qu'on y gagne | Ce qu'on y perd |
|---|---|---|---|
| Tente, camping standard | 12 à 22 € / personne | Prix imbattable, liberté totale | Confort spartiate, météo subie |
| Van aménagé (location) | 150 à 250 € / jour | Mobilité, pas de montage | Coût élevé, consommation carburant |
| Camping municipal | 8 à 14 € / personne | Le moins cher, souvent calme | Équipements minimaux |
| Guesthouse | 90 à 180 € / chambre | Confort, chaleur, petit-déjeuner | Budget multiplié par 8 |
Le camping sauvage en Islande : ce qu'il faut vraiment savoir
Beaucoup de voyageurs arrivent avec l'idée de planter leur tente n'importe où, gratuitement. C'est une erreur qui coûte cher.
La règle exacte, sans détour
Le camping sauvage est autorisé uniquement sur les terres non cultivées, à condition de ne pas laisser de trace, de rester une seule nuit au même endroit, et de se trouver hors des zones protégées. En pratique, cela exclut tout le pourtour du Cercle d'or, le Sud touristique et les parcs nationaux. Dans ces zones, l'interdiction est stricte et signalée.
J'ai vu des panneaux clairs à l'entrée du parc national de Þingvellir et sur plusieurs tronçons du Sud. Les amendes existent et sont dissuasives. Un ami a écopé de l'équivalent de plusieurs centaines d'euros pour une nuit près de Geysir. Il n'a pas recommencé.
Où trouver des nuits gratuites ou presque
Il reste quelques campings à don libre, souvent tenus par des fermes ou des associations, où vous payez ce que vous voulez dans une boîte. C'est rare mais ça existe, notamment dans l'Est et les hautes terres. Le site officiel des campings islandais les recense, mais l'information n'est pas toujours à jour.
Autre option : les campings municipaux hors saison, qui baissent leurs tarifs en septembre. J'ai payé 9 € la nuit à Djúpivogur début septembre, contre 18 € en juillet.
Comment organiser son itinéraire selon la carte des campings
Tous les campings ne se valent pas, et leur répartition suit la Ring Road. Voici comment je structure un itinéraire.
Le Sud et le Cercle d'or
C'est là que la densité est la plus forte, et paradoxalement là où il faut réserver le plus tôt. Les campings de Skógar, Vík et Skaftafell affichent complet en juillet dès le début de l'après-midi. Arrivez avant 16h.
L'Est et le Nord
Mes nuits préférées. Les campings de Seyðisfjörður, Egilsstaðir et autour du lac Mývatn sont moins bondés, souvent mieux équipés, et un peu moins chers. C'est là que j'ai trouvé des douches gratuites, ce qui est presque une anomalie sur cette île.
Les fjords de l'Ouest
Peu de campings, mais des emplacements superbes et bon marché. Prévoyez de l'autonomie en nourriture, car les ravitaillements sont rares.
Peut-on camper en Islande en hiver ?
Oui, techniquement. Mais peu de campings restent ouverts : la plupart ferment fin septembre et rouvrent fin mai. En hiver, seuls quelques sites du Sud et autour de Reykjavík fonctionnent, et le confort est sommaire.
Si vous tentez l'expérience, il vous faut un matériel sérieux. Une tente trois saisons ne suffit pas. Il faut une tente quatre saisons, un duvet adapté aux températures négatives, et une capacité à gérer le vent, qui est le vrai problème. J'ai dormi une nuit de février près de Hveragerði : le froid n'était pas l'ennemi, les rafales l'étaient.
Beaucoup de voyageurs choisissent le van en hiver, avec chauffage. C'est plus cher mais plus sûr.
Comment réduire la facture du camping en Islande
Quelques leviers que j'utilise systématiquement :
- Voyager en juin ou en septembre plutôt qu'en plein été : tarifs plus bas, campings moins remplis, lumière encore généreuse
- Privilégier les campings municipaux dans les petits villages
- Faire ses courses chez Bónus ou Krónan, jamais dans les stations-service
- Cuisiner soi-même : un repas au restaurant coûte l'équivalent d'une nuit de camping
- Louer une voiture compacte plutôt qu'un van : le van coûte souvent plus cher que voiture + camping
- Partager les frais à plusieurs, car le tarif est par personne
Le van a la cote sur les réseaux, mais faites le calcul. Sur deux semaines, une location de van en haute saison peut dépasser 3 000 €, alors qu'une petite voiture plus des nuits en camping tourne autour de 1 200-1 500 €. La marge est énorme.
Ce qui reste, au fond, c'est cette nuit à Þakgil, avec le vent qui secoue la toile et personne à un kilomètre. Aucun hôtel ne vous vendra ça. Le prix, lui, était dérisoire.